Agriculture de conservation

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L’agriculture de Conservation est pratiquée par des agriculteurs de plus en plus nombreux. L’agronome Marc Dufumier dit : « pas un rayon de soleil ne doit toucher le sol ! ». Par cette interpellation, il nous dit simplement que la végétation, c’est-à-dire cultures principales et engrais verts, doivent être présents toute l’année sur nos parcelles pour produire suffisamment de matière organique qui sera mêlée à la future nourriture des plantes. Aussi, un sol nu se dégrade plus vite qu’un sol couvert, protégé de la pluie, du vent et du soleil lorsqu’il est brûlant.

Je suis entrain de lire « la fécondité du sol » du dr H.P. Rusch. Ce livre a été écrit en 1968 et traduit en français par Claude Aubert en 1972. Il distingue dans le sol 2 zones. La première, où se dégradent les matières organiques. Elles sont attaquées par des organismes spécifiques (insectes, champignons bactéries) de manière à les rendre disponibles pour leur utilisation dans la deuxième zone. L’auteur nous explique qu’il ne faut pas inverser les couches du sol par une charrue ou un chisel par exemple, car les racines des plantes vont chercher leur nourriture dans la 2ème zone, là où se trouve l’humus et la matière organique digérée. Il prône aussi  le compostage de surface, avec engrais verts et fumiers frais.

Je me rend compte maintenant à quel point on peut être en bio ou en biodynamie et se fourvoyer en copiant les techniques et les moyens de l’agriculture conventionnelle, comme je l’ai fait depuis 1987. Maintenant je sais que ces méthodes d’agriculture « industrielle » n’ont rien à faire sur les sols fragiles de mon coin de Beauce.

Et de fait, les agriculteurs bios que j’ai visité depuis 2 ans réussissent depuis qu’ils ont arrêté de labourer, qu’ils travaillent le sol sans dépasser 5 à 10 cm de profondeur, et qu’ils sèment des engrais verts entre chaque culture. Certains sont presque arrivés à ce qu’on appelle le semis direct: aucun travail du sol entre 2 semis !

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Depuis l’automne 2012, j’ai pris la décision d’aller dans ce sens. Cette décision a été influencée par le fait de ne plus avoir de forage, et il me semble que l’irrigation va à l’encontre de la conservation des sols.

La mise en pratique sur ma ferme est une autre affaire. Ne plus irriguer signifie aussi une plus grande difficulté à réussir les engrais verts, même semés sous couvert. D’autre part, la faible teneur en matière organique de mon sol du fait du manque antérieur d’engrais verts est préjudiciable à la nourriture des plantes chargées de servir de couverture au sol et de lui fournir de la matière organique…

Les plantes sauvages ont l’air de savoir ce qui manque à mon sol, c’est pourquoi elles assurent sa couverture abondamment avec ses rumex, sa folle-avoine, le quénopode et aussi les chardons. Faire en sorte que les plantes cultivées les remplacent est bien sûr mon objectif.

C’est ainsi que cette année 2013 après la moisson, le sol n’a été travaillé que sur 5 à 10 cm.

Mes outils sont le cover-crop, l’actisol équipé d’ailettes hirondelles.

Le semis sera assuré avec une herse rotative et un semoir classique.

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